loin. vanessa bruno soldes

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Dans le bissac attaché au panneau de la bourrique, il y avait desaffaires pour la vieille Jeannillotte qui demeurait dans une cabaneen plein bois de châtaigniers. C’était une bien pauvre demeure: lesmurs étaient moitié en bois, moitié en pierres et elle étaitcouverte de ces genêts sauvages dont on fait les balais chez nous.Le foyer avait pour chenets deux pierres, et il était éclairé par lejour qui venait de la cheminée, tant elle était basse. Dans un coin,un vieux châlit piqué des vers, avec une paillasse bourrée de pailled’avoine et un méchant couvre-pieds tout rapetassé. Sous la table,une oulle pour les châtaignes, et une petite marmite de fonte où lavieille faisait rarement de la soupe. La table était faite avec desplanches clouées sur des piquets. Dessus, deux ou trois assiettes,une soupière ébréchée en terre brune, une cuiller de fer et unecruche à l’eau, petite, car la vieille n’était pas forte, et lafontaine était loin. vanessa bruno soldes
Et puis, avec un petit pilo de bois mort dansun coin, c’était tout. Quand on levait la tête on voyait le toit debalais. Sous la porte on aurait passé la main. Dans les nuitsd’hiver, les loups qui hurlaient par les bois et trottaient sur leschemins, venaient fourrer leur nez sous la porte et reniflaient engrognant.C’est là que vivait la vieille Jeannillotte, au grand regret de lademoiselle qui avait toujours peur qu’il ne lui arrivât malheur, defaçon ou d’autre. Elle avait bien voulu la faire entrer à l’hospiced’Excideuil, mais la vieille ne voulait pas entendre parler de ça,ni même de venir demeurer dans le bourg.Les gens de par chez nous la croyaient sorcière, et pas un n’eûtvoulu la rencontrer le matin en allant à la foire, sûrs que, s’ilsachetaient une paire de veaux, ils se seraient écornés, ou, s’ilsramenaient des brebis, elles auraient eu le tournis. sac cabas vanessa bruno Et ce n’étaitpas seulement les paysans qui la fuyaient. Quand M. Silain, le pèrede la demoiselle, allait à la chasse et qu’il l’apercevait sur laporte de sa cabane, ou dans les châtaigniers, cherchant du bois mortou des châtaignes, il désarmait son fusil, cornait ses chiens ets’en retournait à Puygolfier, où il ne faisait pas bon autour de luice jour-là.Mais la demoiselle Ponsie n’avait peur de rien elle, et nous fîmesnotre entrée chez la vieille après avoir attaché la bourrique à unarbre. La soi-disant sorcière, assise sur un petit banc, sommeillaitdans la queyrio, autrement dit le coin du feu, les coudes sur sesgenoux, la tête penchée dans ses mains, pliée en deux. La demoiselletira du bissac et posa sur la table, un pain blanc, une bouteille devin, un poulet, de la bonne cassonnade, des fromages de chèvre et unverre. La vieille oyant quelque bruit, tourna la tête sans larelever, et ne dit mot. trousse vanessa bruno
Puis la demoiselle la fit manger, lui sucradu vin et la fit boire, et alors la vieille Jeannillotte se redressaun peu et commença à parler un brin, remerciant de son mieux: que lebon Dieu et la sainte bonne Vierge vous fassent heureuse,demoiselle!Elle but encore un petit coup, et ça la remit tout à fait, et ellese mit à babiller. Elle parlait de sa jeunesse: c’était du temps dugrand-père de M. Silain, qui avait un habit rouge, une perruqueblanche, une épée à poignée d’or et un chapeau à trois cornes qu’ilmettait souvent sous le bras. Ah! celui-là ne se détournait pasd’elle comme le M. de Puygolfier d’aujourd’hui. Quand il allaitchasser, et qu’il la rencontrait dans les bois, jeune pastourellegardant ses brebis, il lui prenait le babignou, comme elle disaitpour le menton, et des fois l’embrassait. Puis ses souvenirs sebrouillant, elle confondait avec les histoires ouïes dans sajeunesse.

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