Eucharis. vanessa bruno noir

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Le soir il en avait une autre,qui était le boston, espèce de poule qu’on appelle ainsi dansl’endroit. Tous les soirs il allait faire sa partie au Lion d’Or,et nous connaissions bien le lendemain s’il avait gagné ou perdu.Lorsqu’il avait gagné, en écoutant lire ou réciter, il avait la maindans la poche de sa culotte et comptait son gain tout le temps, eton entendait les sous tomber lentement dans le fond de sa poche: un,deux, trois, quatre… et il recommençait comme ça des heures, sansnous rien dire. Mais quand il avait perdu, par exemple, il n’étaitpas commode, il nous corrigeait ferme pour la moindre chose: sonfort était de tirer les oreilles et les cheveux; il tapait aussi descoups de règle sur les doigts. sac vanessa bruno cuir noir
M. Lamothe me parla de chez nous, et me demanda des renseignementssur la manière dont on étudiait à Périgueux. Les plumes de fer luiparaissaient une mauvaise invention; aussi il continuait à taillerla moitié de la journée les plumes d’oie que les enfants arrachaientà l’aile de leurs bêtes et passaient sous les cendres chaudes pourles dégraisser.Oui, et les encriers étaient toujours de petits pots de terre danslesquels on mettait une mèche de coton qui buvait l’encre, et quel’on mouillait avec du vinaigre lorsque ça commençait à sécher.C’était étonnant vraiment. Il faisait toujours faire la lecture dansle Télémaque. Ce livre m’avait beaucoup intrigué quand j’étais toutpetit; je me demandais ce que pouvaient être cette terrible passionqui rendait Calypso si malheureuse, et ces feux qui faisaient brûlerle fils d’Ulysse pour la jeune Eucharis. vanessa bruno noir Depuis, je me suis penséqu’on aurait peut-être trouvé mauvais la peinture de ces amours quiéveillaient l’imagination des enfants, si le livre eût été fait parun écrivain ordinaire; mais le nom d’un archevêque, de Fénelon,faisait qu’on trouvait ce livre très bien et tout à fait convenablepour apprendre à lire aux enfants.Je quittai ce bon M. Lamothe, après avoir causé un moment, etprocuré une demi-heure de liberté à ses élèves.En sortant de là, je m’arrêtai devant un Auvergnat installé àl’ombre de l’ormeau, et qui étamait les casseroles du Lion d’Or.J’ai toujours aimé à voir faire ce travail: étant petit j’y auraispassé des journées.Cet homme ne parlait pas le fouchtra comme ses pays. Je le lui diset il se mit à rire:–C’est que, voyez-vous, j’ai étudié pour être curé, mais au derniermoment, l’idée me vint de me marier avec une cousine. sac vanessa bruno noir
–Et vous vous êtes fait rétameur?–Hé oui, il faut bien prendre un métier, et vous savez, chez nous,il n’y a pas bien à choisir pour les cadets; nous étamons les âmesou les casseroles, nous ramonons les cheminées ou les consciences:Ha! ha! ha!Et il s’esclaffait de sa plaisanterie, le brave homme, la bouchefendue jusqu’aux oreilles.–Moi, tous les ans, continua-t-il, je descends dans le plat paysétamer et faire des cuillers d’étain.Après cela, le rétameur me demanda de quel côté j’étais. Lui ayantrépondu que je demeurais par là-bas, entre Coulaures et Thiviers, ils’écria:–Tiens! comme ça se trouve: J’ai un pays par là, le curéPinot.–C’est notre curé, lui dis-je.–Ha foutre! et comment qu’il se porte ce brave Pinot?–Oh! il est solide comme un pont. Il aime un peu plus à aller dansles bonnes maisons que chez les pauvres, parce qu’on y est mieux, etil parle un peu trop de politique; mais autrement, ce n’est pas unméchant homme.

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